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Qui profite de la baisse de l'euro ?
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Un niveau jamais atteint depuis quatre ans : 1,19 dollar. La chute de la monnaie européenne révèle une certaine nervosité des marchés financiers. Une tendance baissière qui ne fait pas que des malheureux. Bien au contraire.
Fin d'après-midi, le 8 juin 2010 : une dépêche AFP arrive dans toutes les rédactions. " La compagnie aérienne de Dubaï a commandé 32 Airbus A380, pour un montant total de 9,67 milliards d'euros. " Un accord historique, jamais enregistré dans l'industrie aéronautique. Et si cette bonne nouvelle était due, tout simplement, à la faiblesse de l'euro ? Et ce alors que, selon plusieurs spécialistes, la baisse de la monnaie unique est le résultat d'une perte de confiance des acteurs économiques : " La chute de l'euro a été provoquée par l'inertie des gouvernements face à la Grèce. Ils ont mis près de six mois à réagir. Plus que les conséquences d'un effet domino sur les autres pays de la zone, c'est surtout l'inaction que les marchés ont sanctionné ", analyse Guillaume Duval, rédacteur en chef du mensuel Alternatives économiques.
Force est de constater que la situation actuelle redonne le sourire à l' industrie d'exportation : aéronautique, automobile, luxe, spiritueux… " Une monnaie faible qui atteint 1,19 dollar, cela a un impact sur les exportations de la zone euro. On constate une meilleure compétitivité de nos ventes vers l'étranger. Car un euro faible, c'est aussi la garantie de pouvoir vendre moins cher ", note Mathieu De Clerq, économiste à la Deutsche Bank. L'autre grand gagnant de cette tendance baissière est le secteur du tourisme : " Nous prévoyons un afflux de touristes américains ou japonais. Ils vont pouvoir dépenser en France car leur monnaie est en hausse par rapport à la nôtre en ce moment ", prévoit Anne-Marie Binetou, directrice d'un Etap Hotel à Paris. Doit-on s'attendre pour autant à un retour de la croissance ?
" La baisse de l'euro pénalisera le pouvoir d'achat des Européens. Le pétrole, le textile, l'importation vont se payer au prix fort. Et dans un contexte de rigueur économique, la croissance ne sera pas au rendez-vous immédiatement ", annonce l'économiste. Mais d'autres voix, plus optimistes, se font entendre. " C'est une bouffée d'oxygène pour les économies de la zone euro qui cherchent des relais de croissance, mais ses effets vont prendre environ six mois pour se faire sentir ", estimait, ce lundi, Alexander Law, du cabinet Xerfi, sur le site des Échos.
Quoi qu'il en soit, la baisse de l'euro profite à une partie de l'économie européenne, certes, mais elle est aussi devenue le terrain de jeu des spéculateurs : les fameux hedge funds. Selon le Wall Street Journal, les plus grands et plus célèbres d'entre eux se seraient réunis, au début du mois de février, pour un dîner-débat à Manhattan, dans le but d'orchestrer un plan pour faire glisser l'euro jusqu'à un niveau de parité avec le dollar. Des spéculateurs empochant des gains sur la chute de l'euro ? Une réalité confirmée : " Des investisseurs institutionnels parient sur la baisse de la monnaie et spéculent pour enregistrer des plus-values. Mais attention, la tendance baissière est rationnelle, et conforme à la situation économique de la région ", prévient Guillaume Duval.
Un euro en baisse n'est en tout cas pas une mauvaise affaire pour tout le monde.
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